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- La base. Le sens de l'ayurvéda
- Le sens de l’ayurvéda en sanscrit
- Une précaution
- Développons ce qu’est l’ayurvéda et son anthropologie
- La dynamique globale
- Comment s’améliorer
- Comparaison culturelle avec le judaïsme
- Ayurvéda et yoga: leur globalité complexe
- L’univers est géré intérieurement par 3 types de dynamiques dites "gunas"
- Les prédominances et le balancement
- Application à la personne: les doshas, les canaux
- Regards, dans les textes fondateurs, sur la sagesse de l’ayurvéda
- Présentation de la Bhagavad Gita
- Qualités de sagesse que cette méthode traditionnelle de l’ayurvéda développe.
- Précaution pour conclure






- Il est composé de deux mots: "ayus" qui signifie longévité et "véda" (comme le nom des textes anciens qui le transmettent) qui signifie "connaissance et science". L’ensemble du mot signifie donc "connaissance et science de la vie".

- "Aya", c’est le vivant. "Ayuhpat", c’est ce qui préside à la réalisation de la longévité.

- L’ayurvéda est un complément à l’"athar-véda" et il comprend huit branches de connaissances.

- Les plus anciens transmetteurs de ces deux "védas" ou connaissances se nommaient les "rishis" ou voyants, de même que les textes hébraïques (I Samuel 9,9) nomment ainsi ("roé", voyant) les anciens prophètes de ces époques qui avaient un contact intérieur et visuel direct avec la réalité en toutes ses dimensions, et non seulement superficiellement et intellectuellement.

- Celui qui est le praticien de l’ayurvéda est un "ayurvedika" et le Sage qui a acquis cette forme de vie est nommé "ayusmat". On nomme aussi "vaidya" le praticien de l’ayurvéda, celui qui en possède la science.

- "Ayusha" est la durée de la vie et souhaiter une longue vie à quelqu’un se nomme "ayushaya". Sourions: vous en savez déjà beaucoup.






Bien entendu, il serait relativement simple d’acquérir toutes ces notions et d’en tirer un diplôme universitaire théorique: mais... la compréhension multiforme du système dans ses dynamiques pour s’y établir en praticien face à la variété des humains est tout autre chose.
Elle s’acquiert à travers un long cheminement en relation de formation face à la multiplicité des cas et surtout face à la variabilité de tous les états de bien-être et à la différence des personnes. Je l’ai longuement reçue.
Mais aussi, elle s’acquiert au mieux dans la véritable compréhension du système global d’une culture où la langue, les usages, les relations tiennent compte de toutes ces dimensions et dynamiques quotidiennement. Un exemple simple permettra de le comprendre: l’accompagnement de la maman et de son bébé après l’accouchement par l’ayurvéda à travers les massages de l’enfant par la maman suppose une large intégration de dimensions.





L’ayurvéda englobe cet ensemble: la connaissance du corps, des relations au réel, de l’esprit, et ne se sépare pas de notre relation aux niveaux suprêmes et divins, à la présence rencontrée dans la prière et dans la méditation (Atharva Veda 11,6,15).
Mais il ne faut pas du tout faire un parallèle avec les conceptions occidentales de la religion ou du mysticisme à l’intérieur de ces religions, ce qui pourrait d’ailleurs repousser des personnes ayant comme seul but d’améliorer leur hygiène de vie et leur santé.
On est davantage au sens ancien du mot latin "religion" qui veut simplement dire "liens et relations", comme le mot yoga lui-même, et non pas au niveau des dogmes, de la foi, des pratiques qui en découlent.
Ces dimensions simultanées de structure de l’existence et des relations vécues font partie du réel universel dénommé "Dharma".
A cause de cela, l’ayurvéda intègre donc des dimensions morales de réceptivité, respect, modestie, qui sont souvent résumées dans le concept de "ahimsa" (non-violence envers tous les humains, ou non-enflammer).
Et cette réceptivité et cette réciprocité vécues ne sont pas éloignées de ce que le judaïsme nomme le flux de la bénédiction ("bérakha", en hébreu).
On peut voir aussi ce lien externe sur la prière et la méditation très développés sur le site Modia dans la tradition juif comme mode de vie et comme anthropologie: cliquez ici







La tradition de l’ayurvéda n’est donc pas une seule théorie linéaire et unilatérale mais c’est un système existentiel, où toutes les dimensions sont en inter- relation. Cet ensemble est exactement ce que l’on nomme "lien", définition rigoureuse du terme qu’est le "yoga" dans la tradition indienne:

Et ce niveau de la dynamique globale de la vie et du bonheur qui englobe non seulement le conscient mais aussi l’immensité du subconscient est dénommé en sanscrit "chitta". La perception consciente est "jagrat chitta", les impressions subconscientes sont la "samskara chitta", le domaine immense du subconscient est "vasana chitta", le subconscient connecté aux niveaux élevés de l’esprit est nommé "anakarana chitta".






Il est clair, par l’expérience de chacun, qu’il n’est pas possible de contacter ni de gérer avec aisance spontanément toute cette richesse, qu’il faut un apprentissage non seulement éducatif mais aussi, sous l’éclairage des pathologies que nous montons nous-même, bénéficier de l’expérience de multiples générations et Sages est une aide irremplaçable.

C’est une telle conception de notre réel qui permet de comprendre que la première phase nécessaire dans une cure de ayurvéda (que ce soit par les plantes, par les huiles ou les massages ou par la nourriture) est souvent la "quintuple désintoxication" ("pancha karma") des blocages ou obstructions dans les liens.

Ensuite, tout l’être de la personne devient réceptif positivement à sa propre structure et à sa propre dynamique jusque dans les formes matérielles de nourriture et d’hygiène pour bien gérer le "balancement" qui existe en nous-mêmes entre les diverses forces motrices internes et qui peuvent entrer en conflit et causer des pathologies.

Cette conception globale est, de fait, une approche du bonheur qui sera non seulement individuel mais aussi relationnel et général et cosmique, en percevant et en respectant les composantes de toutes les diversités, chez soi-même, dans l’univers et chez autrui.

C’est ce qu’exprime alors le texte souvent cité et chant
é


"Sarvé djanaa soukinou bavantou
(Que tous les gens, peuples, êtres, soient heureux),

Aoum, chanti, chanti, chanti (Aoum, paix, paix, paix)."

Cette gestion par harmonie personnelle est nommée "sattva".






Le judaïsme, dès les premiers mots et les premières phrases du texte antique de la Torah, saisit ainsi la totalité heureuse et bénéfique de l’être humain (Adam, terme caractérisant aussi bien toute l’humanité que tout humain, femme ou homme de tous les peuples) et de la Création avec tout son potentiel continu.

La tradition indienne nomme aussi cela le "brahman" ou "sacchiananda" qui est la conscience de l’existant universel comme bénédiction positive d’amour et de bonheur ou "ananda". Et la réalisation par cette voie qui relie en cette forme de connaissance autant le personnel que le concret et le transcendant est dénommée "jnana-yoga" car elle relie ("yoga") et englobe dans la connaissance transcendante "jnana".

Par cette conscience, le "moi" total ("ani", en hébreu) de l’individu et le MOI divin ("ANI", également en hébreu) suprême, participent ensemble simultanément. Cela est si profond et si réel et si puissant que, dans les passages de la Torah où Dieu insiste sur Sa volonté de révélation, Il signe ses paroles par ce mot "Ani, Hachém".
Et, dès le réveil au matin, "ani" est le second mot que dit tout Juif ou toute Juive instruits: "modé-moda ani léfanéikha (je reconnais que je suis Ani devant Toi) qui es Ani". Tout le réel est ainsi rétabli en personnes ("purusha") conscientes et se communicant dans le bien-être et dans la plénitude.





En Occident, ayurvéda et yoga, ces deux "activités" (ainsi sont-elles souvent perçues) sont de plus en plus recherchées. Mais, hélas, cela se résume souvent alors à des activités simples de "position de yoga (asana)" pour le retour au calme ou à des régimes alimentaires de base.
De plus, le lien entre ces deux champs d’activité de bien-être global n’est pas compris et ils sont réduits à une juxtaposition.

Voici donc les éclaircissements:
- Le yoga ne concerne pas du tout ni seulement des exercices de position du corps mais son sens littéral est exactement une mise en relation de "tout" l’être avec "tous" les aspects de l’humain et de la nature qui nous sont accessibles intérieurement et extérieurement. Cette conception véritable du yoga est tellement synthétique dans son lien simultané à soi-même et à toutes les forces de l’univers que les textes basiques indiens parlent sans cesse du "yoga parfait" qui caractérise l’être idéal et sa vie divine elle-même. La Bhagavad Gita développe sans cesse ce thème (voir plus bas en cliquant ici)

Dans cette première présentation, il suffisait de le dire sans le développer davantage, nous y reviendrons. Retenons donc que le yoga comme l’ayurvéda ne valent que par leur captation, leur compréhension globale et large du corps, du réel interne et externe, des relations et dynamiques de l’esprit et de la spiritualité.
Dans ce contexte, exposons seulement ici ce qui est le plus nécessaire à comprendre pour assurer le traitement par l’ayurvéda.




qui sont:

- "sattva", celle de l’équilibre et du balancement positif, joyeux, heureux, harmonieux, pur entre les diversités.
- "rajas", priorité aux processus d’action.
- "tamas", gestion irresponsable, folle, incontrôlée et destructrice.
Cela est exposé dans le chapitre 14 de la Bhagavad Gita et le verset du chapitre 18, 40 déclare en conclusion que "nul être (na tad), sur terre (prthivyam) ou au ciel parmi les Devas (êtres célestes) n’est totalement libéré (nuktam) de ces trois (tribhih) dynamiques influentes (ebhih) nées de la matière (prakrti-jaih), les gunas".
Le yoga a l’art de recevoir et gérer ces processus de l’univers entier face à l’individu et qui influent sur lui.




Mais chaque personne a aussi une prédominance interne qui la caractérise dans le balancement entre ces systèmes de l’univers auquel elle participe. C’est l’ayurvéda qui intervient dans ce rôle de diagnostic, de conseil pour pour notre gestion externe et interne jusque dans l’influence sur la santé du corps, de l’affectivité, de la pensée, de la spiritualité, du mouvement et des relations.

Un praticien de l’ayurvéda qui ne verrait dans l’action des plantes et herbes que la dimension physico-chimique ou l’indication médicale serait un herboriste occidental et n’aurait certainement rien compris à l’ayurvéda.
Sur un mode poétique le plus ancien Véda, le Rig Véda 10, 97, 18-19 déclare: que "les plantes sont la reine du corps". Et d’autres écrits vont plus loin comme la Susruta Samhita Chiktisa 29 et 30 en révélant l’analogie du corps et de vingt quatre plantes et la presque analogie dans le cas de 18 autres plantes.

Et nous avons appris aussi par l’enseignement de la tradition du judaïsme combien il atteint dans ses textes sacrés une conception similaire mais que beaucoup, superficiellement, ne perçoivent pas comme réalité mais simplement comme métaphore poétique.





Cette approche au niveau individuel par l’ayurvéda utilise 3 concepts qui permettent de caractériser ces structures et les dynamiques de chacun.
On nomme "docha"

(ou pouvoir) ces trois puissances qui portent des dérèglements séparés mais aussi relatifs et triangulaires entre eux quand ils ne sont pas bien connus, ni bien compris, ni bien gérés. Toutes les pathologies apparaissent alors.
C’est le rôle du diagnostic et du traitement par le praticien de l’ayurvéda ("ayurvedika"), de saisir tout cet ensemble en coopération avec celui qui vient en traitement ou en formation pour se connaître, se guérir, s’améliorer et mieux se piloter.
Il faut un long interview par le praticien pour détecter ce qui organise et ce qui perturbe notre type personnel de structure, de bien-être, de relation, de santé, de croissance, de vieillissement, d’action, d’aspirations.

Un autre concept est celui de "canaux ou srotamsi, au singulier srotas". Les Occidentaux ont accepté la représentation de multiples canaux mis en valeur par l’acupuncture; l’ayurvéda se représente également de nombreux canaux qui relient et activent l’intériorité d’organes différents et qui jouent leur rôle dans les pathologies ou dans les améliorations.
Et certains canaux ont une position concentriques, ce sont les 7 "dhatus".
Des canaux véhiculent l’eau ("ambhuvaha") ou la nourriture ("annavaha").
Certains animent le système nerveux ("majjavaha"), d’autres les muscles ("mamsavaha"), d’autres l’urine ("mutravaha"), d’autres la pensée ("manovaha"), etc.




Regards, dans les textes fondateurs, sur la sagesse de l’ayurvéda.
Présentation de la Bhagavad Gita

Ce regard nous est donné par la Bhagavad Gita 2, 53 qui résume toute la stratégie et la pratique de l’ayurvéda en particulier:
"Srutivipratipanna te yada sthasyati niscala samadhavacala buddhistada yogamavapsyasi".
"Quand votre intellect, confus de par son insertion dans les réalités en conflit, restera stable et ne se distraira pas (de l’équilibre) de la méditation avec Dieu, alors vous atteindrez le yoga".

Et ce renouvellement continuel et perpétuel autant au niveau de la matière que du psychologique et du spirituel est résumé à la fin de ce même ouvrage de base (18, 77) et sans cesse dans tous les textes traditionnels:
"pounah pounah, plus encore et plus encore à nouveau".

En tout, il s’agit de vivre dans un constant présent géré et sain. C’est exactement tout ce qui est inscrit et résumé dans le premier mot de l’ouvrage de base de tout le yoga, le Yoga Soutra de Patanjali. Voici le texte:

"Atta yoga noussassanam"
et cela est généralement traduit ainsi: "maintenant, voici tout l’exposé du yoga".
Or, la richesse massive et intégrale du texte est celle-ci:
"Maintenant: c’est cela tout l’exposé du yoga".
Permanent et éternel maintenant, pounah.
Il est donc clair que cette richesse du bien-être par l’ayurvéda passe par le concret, par la prise en compte de toutes les dimensions et de toutes les composantes de ces dimensions, et des relations et des balancements entre tous les niveaux.

Cette recherche repose donc sur une foi optimiste absolue sur la totalité de l’être et de l’univers comme il est dit dans la Bhagavad Gita 6, 40:
"O Arjuna, là il n’existe jamais de destruction ni en cette vie ni dans la prochaine vie pour celui qui est engagé dans la kalyana et, jamais alors, il ne tombera dans dourgatim".
"Kalyana", c’est l’orientation vers l’excellent, le beau, le noble, l’optimal, l’heureux, le bien, la vertu, le salut, l’avantage, ce qu’on peut souhaiter de mieux pour soi et pour les autres.
Dourgatim, c’est le manque, la pauvreté, la situation difficile et impossible, la calamité, la détresse, le malheur.
Alors, c’est un état de "vasundhara" où on possède exactement l’orientation du bien et du souffle vital ("assu"), et de la vigueur.

Cet axe est présenté comme le "secret le plus confidentiel, gouhyatanam" Bhagavad Gita 9, 1 et "quand il est vécu en réalisation, vijnana sahitam tu", alors "vous serez libérés, moksyase" de "asubhat", la condition misérable, irritée, impartiente, maléfique, obscure.

Dans le judaïsme que nous vivons simultanément, nous trouvons en de nombreux endroits cette même ligne directe. C’est le dernier verset des psaumes, et cela est exalté dans le chant Yédid néfesh du Rav Azkari (16e siècle), élève du Ari, le plus grand maître de la cabala et qui est chanté par toutes les communautés juives de par le monde. C’est un chant d’amour total et global et beaucoup s’en imprègnent chaque matin comme exercice de guérison ("réfa") dans l’union optimale et totale: "Hadur na-e ziv ha-olam (beauté, radiance de l’univers), nafshi ‘holat ahavatekha (mon âme est malade pour ton amour), ana el na réfa na lah (je t’en supplie, guéris-la), béharot lah noam zivakh (en lui faisant voir la beauté de Ta radiance, guéris-la maintenant en lui montrant l’agrément de Ta radiance, et alors elle se renforcera et se guérira").

Un autre texte est celui de la bénédiction donnée aux enfants par les parents et basée sur Nombres 6, 24-26 dans la Torah. C’est l’arrivée à un état de bien-être nommé "itârate kala", "couronnement de la fiancée" dans le chant qui suit cette bénédiction le soir du Chabbate en tenant les deux pains, symbole de tout notre être double et complexe et complémentaire.

Nous sommes ainsi passés de la conception simpliste sur l’ayurvéda
qui consiste à y voir un bref diagnostic par le regard du praticien sur le pouls, la langue, les yeux, par quelques questions sur le style de vie puis à des ordonnances de jus de fruits, tisanes, quelques massages et un final par descente de l’huile sur le front

à la conception synthétique et holistique réelle où tous les conflits confus inscrits dans le corps et causant de nombreux troubles physiques sont compris, localisés, déchiffrés, gérés surtout dans leur ensemble.

Ce niveau est alors celui de la vraie conception du yoga, à la fois humain et divin comme l’avons cité plus haut à partir de la Bhagavad Gita 2, 53:
"srutivipartipanna te yada sthasyati niscala
samadhavacala buddhistada yogamavapsyasi.
Quand votre esprit, confus à l’intérieur du brouhaha des conflits, parviendra à rester stable et ne se détachant pas de la méditation divine, alors vous atteindrez l’état de yoga".

Et nous rejoignons là le "Chiviti Hachem lé negdi tamid, je me représente Hachém devant moi toujours"; et nous l’avons rappelé plus haut concernant le "Modé ani".
Alors, la Bhagavad Gita 13, 2 dit: "connais Mon Moi qui est aussi Ksetrajna, l’âme en moi individuel et cela dans la connaissance de tous les ksetra, les champs, en même temps que le conscient, et cela est la vraie connaissance".
Alors, la préoccupation finale de technique de santé est bien située: constante, complexe, unifiée, souple, du moteur matériel au niveau spirituel, dans le sens même du mot yoga et du véritable yoga complet décrit dans la Bhagavad Gita 11, 8:
"Na tu mam sakyase drastumanenaiva svacaksusa
divyam dadami te caksuh pasya ma yogamaisvaram.
Mais, sûrement, vous ne pouvez pas me voir avec ces yeux humains qui sont les vôtres; donc, je vous fais le don de l’oeil divin. Avec cela, vous êtes dans Mon pouvoir divin de yoga".

Tout cela suppose un travail simple mais constant et renouvelé où l’impression habituelle de brisure et de non-santé vient briser constamment le rythme vital, comme la nuit brise constamment le jour, ou comme la chute de la vague alterne avec sa montée. Et cet ayurvéda débouche parallèlement sur une perception continue de la stabilité personnelle matérielle, corporelle, intellectuelle, spirituelle (quels que soient l’idéologie ou la culture ou la religion).
Cela est indiqué dans la Bhagaved Gita 6, 30:
"Yo mam pasyati sarvatra ca mayi passyati
tsyaham na pranasyami sa tcha me na pranasyati.
Celui qui me voit présent dans tout et voit comme existants en Moi tous les êtres,
ne sera jamais perdu pour Moi, et Je ne suis jamais perdu pour lui".





Ce livre, nommé aussi Gitopanishad ou Srimad Bhagavad Gita est un des plus importants Upanishad et un des textes les plus antiques, avec les quatre Védas, selon la tradition indienne et reconnu comme tel par les plus grands maîtres spirituels complets qui enseignent par les connaissances et par l’exemple (les acharyas) et qui transmettent en chaîne continue la tradition védique pure comme le furent et le sont: Sankaracarya, Ramanujacarya, Madhvacarya, Nimbarka Svami,Sri Caitanya Mahaprabhu, Swami Prabhupada, et autres.

Ce livre est un épisode d’une longue fresque dite Mahabharata relatant des conflits dans les familles royales (image, si on me le permet, de nos conflits personnels internes) de Kali et de Bharata depuis plus de cinquante siècles. Le rédacteur en est Maharsi Vyasa à qui on attribue aussi d’autres textes et un commentaire du Toga Sutra de Patanjali.

Dans cette tradition indienne, le statut de ce livre, la Bhagavad Gita, est le plus important entre tous. Dans Bhismaparva 44, 4 et autres textes de la Mahabharata il est dit: "La Gita comprend toutes les Ecritures... émerge directement des lèvres divines... contient les 4 Védas..., une pleine description du contenu de la Gita est impossible... elle est éternellement et constamment nouvelle"… etc.
Ce livre, rédigé en termes très clairs et simples, en phrases courtes, en sanskrit, ouvre devant nous tous les traitements essentiels des angoisses humaines pour chacun et dans sa spécificité (car chaque être y est défini comme ayant une relation particulière et spécifique au divin créateur, particularisme nommé "svarupa").

Dans ce livre, le thème central du traitement est que le malheur et la pathologie s’installent quand l’individu ne gère pas lucidement son insertion dans la matière (cette forme d’insertion est nommée prakti) et s’enferme dans la seule action (karma) sans percevoir les autres niveaux de ce qui est en nous et qui est le tout et le réel (jiva) et le vivant éternel (kala).
Dans la difficulté vécue et connue, il s’agit donc de trouver aussi la part de pureté (pavitram), de brahman, d’existence éternelle (sasvatam), alors que l’agir seul ou l’intellect seuls échouent. Cet axe est comme le rayon de soleil qui témoigne de la présence du soleil procurant directement la vie.

Cet optique et cet état permanents permettent de s’orienter dans le concret ici et maintenant vers l’état de santé optimale du corps et vers un état holistique de bien-être nommé "éternel royaume, nirmana-maha".
L’être humain qui entre dans ces axes bénéfiques est caractérisé par une affectivité globale relationnelle jusqu’au divin et nommée "dévotion, bhakti" qui permet et traduit la démarche de purification et procure progressivement la libération (mukti) jusqu’au bout.
En fait, cet ensemble est aussi résumé dans le judaïsme par une injonction et une proposition qui sont prescrites de redire constamment: "Chémâ, écoute...".
C’est la démarche de Arjuna dans la Bhagavad Gita, lui permettant de "recevoir" les enseignements de son guide le plus élevé, Krishna, plein de la présence suprême et de la science de toutes les structures et dynamiques et remèdes proposés.
Cela n’est qu’une présentation très abrégée.
La grandeur et efficacité de cette sagesse globale sur la vie concrète est résumée dans la tradition indienne dans la Varahapurana. La parole créatrice y dit: "Mon siège est sur la Gita. Je maintiens les trois mondes sur la force de la sagesse contenue dans la Gita".

En conclusion: l’ayurvéda apprend une constance dans la bonne position de tout l’être.
Dans le judaïsme, cela est dit dans un verset des psaumes: "atem haddévaqim ba Hachem Eloéikhem, ‘hayim coulakhem hayom; vous qui adhérez, collez à Hachém votre Dieu, vous vivez en tout aujourd’hui".
Et peut se réaliser alors l’unité saine dans le sens complet du fameux et constant verset: "Chémâ Israel, Hachém Elohéinou, Hachém E’had. Ecoute vraiment Israël, alors Dieu est avec nous et IL est UN avec nous".
C’est une écoute totale de tout et des liens complets depuis notre corps jusqu’aux niveaux élevés créatifs les meilleurs.






Jai le bonheur de transmettre effectivement ce savoir traditionnel à ceux qui veulent s’approcher de l’ayurvéda et du yoga pour en bénéficier, et non pas des allusions vagues jointes à des pratiques.
Cela, pour que chacun puisse s’interroger et évaluer son propre développement et mieux le gérer individuellement, ou dans la relation de coopération de la cure.

La meilleure formulation de cette sagesse se trouve définie comme nous venons de le dire dans les termes de la Bhagavad Gita, et cela s’applique autant à l’ayurvéda et au yoga quand il est compris dans toutes ses dimensions réelles qui sont à de multiples niveaux. En voici des paramètres:

- Celui qui se perfectionne dans l’ayurvéda éprouve une satisfaction immense (santustah) à se développer, et à se développer en soi-même. BG 3, 17.

- Mais les rechutes par aveuglement erroné sont fréquentes même chez les plus assidus (yatatah). BG 2, 60.

- Et pourtant il persévère généralement dans le bien qu’il a découvert et qu’il s’impose de réaliser (karmani). BG 3, 25.

- Il devient progressivement maître de soi (vijita-atma) et ayant vaincu les illusions venant des sens (jita-indriyah). BG 5,7.

- Partout (sarvatra) il devient sans attachement (anabhisnehas) trompeur, qu’il obtienne (prapya) le bien (shubha) ou le mal (ashubham) dans l’existence. BG 2; 57.

- Il acquiert ainsi une conscience (prajna) stabilisée fermement (pratisthita) qui n’oublie plus que les plaisirs (bhogah) comme les malheurs (duhkha) sont limités (anta). BG 2, 61.

- Cela fait de lui un être intelligent (budhah). BG 5, 22.

- Il devient "heureux dans son intérieur" (antah-sukhah) et "activement joyeux" (antah-aramah) en cette résidence personnelle. BG 5, 24.

- Cela lui permet de percevoir tous les humains avec égalité (samam). BG 6, 32.

- Il ne vise pas seulement l’exercice d’une activité ou gymnastique pour sa seule santé physique; il vit dans le rapport parfait à LA Présence. BG 6, 15.

1- Il découvre que nul ne peut devenir un "yogi" uni à l’Etre suprême s’il mange trop ou s’abstient trop, s’il dort trop ou s’il veille trop la nuit. BG 6, 16.

- Il réalise que son progrès n’est pas un simple exercice spirituel ou intellectuel mais une action (karma) qui prime sur l’inaction (akarmanah) car seule l’action maintient (yatra) la santé du corps (sharira). BG 3, 8.

- Alors, il mérite l’appellation de "yogi" et il est plus grand (adhikah) que les ascètes (tapasvibhyah), que les Sages (jnanibhyah) ou que les philosophes. Et plus grand aussi que ceux qui vivent pour leur profit (karmibhyah). BG 6, 46.

- Son seul but est de se purifier (shuddaye) du côté agité (cancalatvat) et non stable (na sthiram). BG 5, 11 et 6, 33. (j’ajoute: qui dans le monde actuel caractérise les bombardements médiatiques de consommation ou de haine).

- Il a conscience qu’il doit réaliser une libération (amrtatvaya). BG 2, 15.

- Il devient capable de stabilité dans la durée (bhavah) et de ne plus donner trop d’importance à la variabilité des objets ou des sentiments de bonheur (sukha) ou de malheur (dukha) et il s’efforce de tolérer (titiksasva). BG 2, 14.

- La mort elle-même, dans sa grande apparence de changement total ne lui fait plus oublier la permanence de LA Personne suprême en ses opulences (bhagavan) ni notre permanence dans le passé et dans l’avenir (atah param).

Et, si des Occidentaux trouvaient cette orientation surprenante, ils le seront autant en apprenant que la prière récitée par les Juifs à chaque entrée de Chabbate après la lecture du Cantique des Cantiques (prière commençant par "Ribone kol hôlamim") et qui prend les plantes comme modèle principal et mystique de la beauté du couple et de la femme, cette prière finale demande "que nous méritions de nous trouver là où les âmes et les esprits sont taillés comme si nous avions fait tout ce que nous devions faire dans cette incarnation ou dans d’autres (vé nizké ké maqom ché ha néfachotes, ha rou’hotes, vé ha néchamotes né’hétsavotes micham oukhéillou âssinou kol-ma ché moutal âlénou lé assig bein bégilgoul zé béin bégilgoulim a’hérim)".
Et le chant célèbre Bar Yo’haï insiste sur cette double et unique nature: "atséi chitim ômédim, vous êtes des arbres d’acacias dressés". Et cela fait allusion aussi aux éléments de construction du sanctuaire en Exode 26;15 car c’est l’être humain qui est le sanctuaire et il y a aussi unité sous les formes diverses dans la nature et dans le lien constitutif du créé unique au Créateur.

Cela est repris intensément dans le sommet de la Bible qu’est le Cantique des Cantiques 2,3 et 8,9-10: "réconfortez-moi par des gâteaux de raisin, restaurez-moi avec des pommes", "je suis un mur et mes seins sont comme des tours, dès lors je suis à ses yeux comme une cause de bonheur": ayurvéda thérapeutique et yogique intégral et parfait.
Et Bar Yo’haï continue donc pour exprimer l’union parfaite entre Dieu, la Torah et l’homme: "sod Torah ké tsitsi; oufra’him, le secret de la Torah est comme les bourgeons et les fleurs". Il importe de clairement saisir que ces expressions ne sont pas seulement des allusions poétiques et allégoriques mais sont la constitution concrète de l’univers. Il suffirait pour s’en convaincre de lire les versets des Nombres 17,22-24: "Moïse déposa ces verges devant Hachém dans la tente du témoignage. Et le lendemain il y entra et voici qu’avait fleuri la verge d’Aaron... il y avait germé des boutons, éclos des fleurs, mûri des amandes". Participation globale des liens dévoilés, sens exact du mot "yoga".

Et c’est pour cela que la tradition indienne parle des Sages unis au divin en ces termes: "leurs pieds sont semblables au lotus (pada)".
Et la Bhagavad Gita parle de la lumière nocturne et divine de la lune qui nourrit les végétaux (pusami causadhih) et leur donne leur saveur (nasatmakah). Pour ces motifs, dans le judaïsme, on recourt à la matière des shofarot en cornes pour faire ressentir le souffle bon et vrai du retour à la vie. Et dans la tradition indienne, le divin conseiller et son disciple tremblant au milieu des combats soufflent puissamment dans les conques (shankhau) divines (divyau) et les firent résonner (pradadhmatah) pour se brancher sur le vrai, le bon et le puissant au milieu des faussetés meurtrières et menaçantes mais illusoires.

Ne poursuivons pas cette recension de la Bhagavad Gita qui se poursuit sur 18 chapitres et 700 courts versets. L’ayurvéda est déjà lisible pour chacun à travers ces quelques versets écrits des millénaires avant la psychanalyse et la psychosomatique, avant la psychologie familiale systémique et surtout avant les rêveries de solution-miracle par des régimes alimentaires sans adaptation très personnelle ou des groupes de gymnastique de positions pauvrement dénommés yoga sans "l’ensemble des liens" qui définissent exactement le mot.

Cela veut dire qu’il faut donc un apprentissage adapté et progressif (sankhya) pour neutraliser notre désir destructeur dans toute action (sannyasa) et qui se transforme en connaissance erronée (tamasika) par laquelle on croit par l’intellect que l’on sait le tout de soi-même (BG 18; 22,25,32,39), en bien et en nocif.
Comme en ces textes enseignés, l’ayurvéda véritable peut être découverte et gérée ainsi avec quelqu’un qui a reçu cette tradition authentique à ces nombreux niveaux pour aller se dégager si on le veut des processus auto-destructeurs. Joie de parvenir à la compréhension (buddhi) dans la vie personnelle puis à la stabilité (dhrti). BG 18, 29.

C’est l’état global de "sattvika", BG 18, 33. Il serait bon de lire depuis ce verset les suivant jusqu’à la fin de ce dernier chapitre pour trouver de grands encouragements dans cet apprentissage holistique complet qui semblait ne concerner au départ de notre étude vers l’ayurvéda que la nourriture et les plantes et les massages et huiles.

Note. Une édition particulièrement bien présentée et rigoureuse de la Bhagavad Gita existe en anglais et en français avec des commentaires clairs et absolument traditionnels par le Swami Prabhupada.






N’imaginons pas que tout ce travail sur soi par l’ayurvéda nous fait aboutir à un état stable de nirvana paradisiaque. La gestion sera toujours à reprendre car les conditions internes changent, ne serait-ce que par le renouvellement continu de l’âge.
Le judaïsme est très conscient de cela et nomme le mois "hodesh" qui veut dire "nouveauté"; et il nomme l’année "chana" qui veut dire "changement".

Et, dans la Bhagavad Gita, celui qui reçoit tout l’enseignement n’est pas un contemplatif ni un ascète mais un combattant "ksatriya". Il en est ainsi, pour toute personne qui "s’attaque" à sa propre amélioration de meilleur être par l’ayurvéda. Et il faudra alors sacrifier beaucoup de nos illusions intérieures, corporelles et nocives. Et renoncer ("tapasya") à ces erreurs matérielles et concrètes.

Le début de Srimad-Bhagavatam pose ainsi le problème de ses premiers slokas ou versets de la Bhagavad Gita. Et le verset 10, 2, 32 indique clairement que celui qui se considère libéré n’atteindra jamais la libération dont il a besoin. Quittons nos fausses identités et nos fausses identifications ("ahankara"); sortons de l’état de statue ("murti") qui imite continuellement, est anonyme et rend le corps souffrant. Reconnaissons ce que nous sommes, enseigne l’ayurvéda, soyons nous-mêmes en nous-même ("purnam") et dans notre participation à l’univers dans nos inter-relations spécifiques entre les cinq éléments (terre, eau, feu, air, éther) et entre les relations spécifiques entre les sept éléments du corps "saptadhata". C’est cela qui conditionne la santé, le bien-être et la longévité.

Dieu a dit vers Avram qui deviendra le père de tous en sagesse: "Va vers toi-même, lékh lékha".
Un autre facteur qui rend nécessaire la reprise en mains de toute la gestion est ce que la Bhagavad Gita 18, 38 décrit dans ses dernières pages après la description de tout le programme merveilleux:

"Visayendriyasamyogadyattadagre mrtopanam
pariname visamiva tatsukham rajasam smrtam.
Le délice qui prolonge le contact des sens avec leurs objets peut parfois agir comme un poison même s’il était apparu auparavant comme un nectar, un bonheur passionné, de là on l’a nommé rajasika".

 

 
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