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Etude par Yehoshua Rahamim Dufour
dans le Séminaire Ayurveda animé par Nili Stone-Gangapersad


La respiration chez Rumi


Thème : les puissances potentielles et régulatrices de la respiration
révélées dans l’œuvre de Rumi.




Rumi (prononcer Roumi), ou Djalal ad-Din Muhammad Rumi, est le plus grand Sage et Maître
(Mowlânâ) de la culture persane (11e siècle,1207-1273). Il est fréquemment dénommé simplement par ce terme de Mowlânâ («notre Maître»);


(image graphique de Mowlana)
Ce terme, Mowlânâ, n’est appliqué qu’aux plus grands et prend son origine dans la 2e sourate, Sourate Al-Baqarah, la vache, verset 286 où le terme est appliqué à Allah comme Maître essentiel et protecteur!

Rumi reste tellement actuel dans son enseignement que l'UNESCO a déclaré l'année 2007 comme Année mondiale de Rumi. Son oeuvre est immense sous la forme de nombreuses dizaines de milliers de vers! Ceux qui veulent mieux découvrir son importance peuvent en lire la présentation sur le site de Wikipedia et la bibliographie qui l’accompagne. J’en cite ceci: «En France, ce fut Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-1999) qui traduisit l’œuvre de Rumi du persan (iranien) au français et commenta la quasi-totalité de ses ouvrages», j’ajoute: «excellemment». Je remercie ma professeur de persan, Dina Ahdoot, qui m’a permis d’accéder à l'usage des outils de cette culture, ma motivation y était d’entendre dans leur langue le dialogue d’Esther et du Roi et la dernière page de la Torah prononcée par le Roi de Perse.
Un autre excellent ouvrage d’initiation aux quatrains de Rumi est "Rending The Veil; literal and poetic translations of Rumi", par Shamram T.Shiva. Hohm Press. Prescott. Et il y a d'innombrables livres remarquables sur Rumi.

Nous allons découvrir chez Rumi un apport précis et immense qui va nous éclairer sur compréhension des richesses de l'Ayurvéda. Cet article-ci s’est réalisé dans le cadre continu de la supervision sur l'Ayurvéda que réalise Nili Stone-Gangapersad par son séminaire sur l’Ayurvéda (Formation, Enseignement, Recherche, en Ayurveda : "F.E.R.A !").

J’ai pu alors utiliser ma connaissance des auteurs essentiels en persan et en hébreu mais aussi en sanskrit qui était resté théorique depuis mes études en université et que, subitement, son enseignement ouvrait dans une compréhension existentielle et pour mettre en valeur ces enseignements complémentaires dans une anthropologie globale. Je l’en remercie car, seulement par son guidage, elle m'y a ouvert les voies vers la conscience pratique des capacités de la respiration comme équilibre, voie de développement continu, de réparation et de santé, bien plus loin et plus efficacement que les formations que j'avais reçues en ces domaines depuis plusieurs dizaines d'années.

Son audience parmi ses autres élèves thérapeutes et parmi les personnes qu'elle aide et soigne font qu'ils peuvent, eux aussi comme moi, apporter dans le cadre du séminaire ce dont ils sont chacun capables personnellement dans ce champ: c'est le contexte égalitaire de cet apport-ci.

Cet article demande 3 lectures successives:

- une première de découverte
- la seconde pour ressentir intérieurement les dynamiques évoquées
- La troisième lecture, la plus nécessaire, sera présentée en fin de l’article


 

Cette étude sur la respiration traversera progressivement beaucoup de quatrains (rubâi’yât) de Rumi qui font partie de son immense œuvre du Diwan-e Kabir e Shams-e-Tabrizi. Nous prenons comme base de départ ce quatrain (numéroté 805 UT dans l’édition de l’Université de Téhéran mais parfois des quatrains seront suivis des lettres AK, et cela voudra dire qu’ils sont ainsi placés dans l’édition de Amir Kabir) :


Translitération

"Bi eshgh, neshat o tarab âfzoun nachavad
Bi eshgh, vodjoud, xhoub o mozoun nachavad
Sad ghatreh zé âb'r, âgar bé daryâ bârad
Bi djonbesh é eshgh, dor é maknoun nachavad".

Traduction mot à mot

"Sans amour: joie, et plaisir (allégresse, musique), augmentés ne deviennent pas.
Sans amour: l'existence, le bien et l'harmonie, ne deviennent pas.
Cent épaisseurs du nuage (de pluie), si dans la mer aboutissent,
sans le mouvement d'amour: (alors) une perle cachée ne devient pas".

Mon commentaire

Il y a une gradation importante dans les lignes de ce poème:
la première ligne en est au niveau du plaisir,
la seconde au niveau de l’être,
et les deux suivantes et dernières décrivent l’essentiel et le pourquoi de l’échec éventuel dans le développement.
De nombreux auteurs parlent de tel ou tel de ces niveaux mais Rumi les saisit en un ensemble, avec une gradation et nous suggère ainsi les solutions qui concernent le bonheur de tout l’être. Nous allons donc les découvrir.

Seconde remarque

pourquoi Rumi parle t'il d'un «djonbesh» ou «mouvement» de l'amour et non pas seulement de "l'amour" ?
Première réponse: il découvre une dynamique généralement oubliée, le mouvement.
Seconde réponse: parce que ce «mouvement, djonbesh» est celui de la respiration et du coeur car, dans le corps, ces deux organes vivants assurent la vie ; nous pouvons même remarquer que le mouvement de la respiration produit la vie tandis que le mouvement du coeur en est seulement une conséquence. Et, sur le mouvement du cœur, nous n'avons pas d'influence ou très peu tandis que nous avons une influence possible et intense sur le mouvement de la respiration.

Ayant compris cela, nous allons examiner, à travers de nombreux quatrains, ce que Rumi dit de la respiration, son rapport avec le mouvement de l’amour, et cela atteindra les trois niveaux dans un apport décrit dans ce quatrain. Nous en sommes encore comme devant un poteau qui nous annonce une ville et comment aller dans telle direction mais ce n’est pas pour cela que nous y sommes parvenus. Patience ! Avançons.


Le quatrain 11 AK de Rumi présente cette dynamique du mouvement de façon étonnante :
"de la répétition, véritablement la lumière augmente la lune,
(az zikr bassi nour fazâyad mah râ)
et dans le chemin de la vérité, elle rend ce qui était perdu.
(dar râ é haghighat, âvarad gomrah râ)".

Ce mouvement dynamique et répétitif de la respiration est tellement puissant et essentiel qu'il est présenté verbalement dans ce quatrain de façon optimale en lien avec la technique de répétition (zikr) qui est celle des noms de Dieu; le "zikr" ou"dhikr" est une récitation élogieuse et louange et invocation (lien: http://en.wikipedia.org/wiki/Dhikr
Et ce mot est aussi, par le son en persan, évocateur de la puissance du membre viril, le zakar comme le zakhar en hébreu évoque le masculin.
Rumi veut tellement faire comprendre l’importance de ce "mouvement" et la puissance de sa "répétition" quand il affirme dans ce quatrain 11 AK : c’est cela qui apporte "la lumière (nour), à la pleine lune (fazâyad mah râ)"!

Remarquons que cette répétition qu'il éclaire par sa forme optimale qu'est la répétition du nom divin nous replace exactement dans la plus grande découverte du Roi David dans ce qui est le sommet et la fin de ses psaumes quand il réalise qu'il y a:
- fusion phonétique mais
- aussi fusion réelle entre la respiration (néchima) et l'âme (néchama) jusqu'à
- la présence du divin et de son nom et, donc, que
- cette union ôte toutes les inquiétudes et impuissances et anxiétés qui caractérisaient le Roi David tout au long des 149 psaumes précédents.
Ainsi, nous comprenons par là que Rumi commence directement à ce niveau enseigné par le Roi David et qui est le verset final des psaumes dans le verset 150,6 et il l'explicite dans son quatrain 18, classé aussi 20 AK.


Il y dit avec précision que "sans la brillance qui commence juste avant l'aube (bi roshaniye sahar)" on ne peut pas atteindre la plénitude totale : "ne pas me voir (nabini mâ râ)". Il ne s'agit pas de la nature ni d'écologie mais de nous, les humains. Le judaïsme parle dans le même sens en faisant dire dès la prière du matin, en son commencement, de prendre exemple sur le coq ("servi") qui capte le lever de la première lumière chaque matin et qui lance son cocorico et est ainsi capable toujours de distinguer entre le mal obscur et la lumière.

Rumi prend alors une image concrète qui nous fait bien comprendre ce subtil rapide et efficace comme une respiration: c'est comme "chaque fois qu'on passe la langue sur les lèvres (har gandeh dahân) et cela nous transmet le goût des lèvres (cheshid az tam é labat)"; cela dans le quatrain 109 UT.
Il va si loin en ce sens qu'il nous fait pédagogiquement devenir sensible au
fait que le mot "dam" en farsi signifie autant ontologiquement "l'instant et le moment" que "le souffle de la respiration"; ce sens double est pour nous sensibiliser au pouvoir absolu, ontologique et pourtant simple, corporel et vital de la respiration et que cela est toujours "à portée de main", comme dit en persan l'expression utilisant ce mot: "dam é dast, à portée de main". Quatrain 130 AK. Le pouvoir latent de la respiration-instant est ainsi à portée de main, en chaque instant. Et, en la respiration, en chaque instant tout le positif et tout le négatif sont créatifs.

Rumi nous incite alors dans le quatrain 579 UT à prendre conscience que nous pouvons être et que nous sommes heureux et il le démontre ainsi : en effet, "la respiration-instant de celui qui est heureux, si nous en avons conscience (dam é moghabelân) est comme le parfum (bouï) de la rose (gol) qui est tellement agréable (khosh)" tandis que celui qui n'en n'est pas conscient est comme celui qui ne ressent que "l'épine affinée, étroite et longue de la rose pointée vers lui (badbakht tcho khâr, tiz o sarkesh bâshad)".

Ainsi, dit Rumi: "en chaque respiration-instant est l'amour stable et confortable (dar eshgh, agar dami gharârat-bâshad)". Chaque respiration-instant peut devenir non comme tenir des épines dans sa main mais comme l'approche du Bien-Aimé Créateur de la Vie, ce qui est "comme l'approche d'une rose (tcho gol)" et on a alors en chaque respiration-instant comme la conscience que "le Bien-Aimé est à notre côté et que nous allons être dans les bras (gah dar bar-o, gâh bar kenârat bâshad)". Quatrain 673 AK.

Connaître cela, écrit Rumi, est d’une importance capitale, c'est connaître "les secrets du monde (asrâr é djahân) et qu'ils sont une expansion (mibakhshad) possible de la vie (djân) et à notre disposition" et qui se répand, se déverse et déborde en chaque respiration-instant. Quatrain 686 AK.

Mais, au contraire, comme dans l'amour, "à chaque respiration-instant (har dam) pour qui n'est pas conscient (némidânad)" du potentiel présent en soi-même dans le corps et dans la relation, tout devient alors une douleur, une épine, une pierre, et la vie devient écrite dans le sang, et le bonheur de l'amour devient invisible. Quatrain 925 AK.

Et Rumi exprime alors en poésie un conseil pour qu'on puisse devenir conscient qu'on devrait s'éveiller spontanément de l'intérieur de chacun de nous sans être ni surpris ni apeuré devant cet ensemble immense de coordinations surprenantes entre notre activité corporelle concrète et les puissances totales et maximales (midaan) de la vie et de la santé : "veille à ne pas craindre (cho nist pâyandeh matars)" dit-il trois fois en quatre lignes. Quatrain 977 AK.

Oui, dit Rumi, soyons conscients que nous sommes un "musicien de la vie, de l'âme (motreb é djân)" et que cela "dans chaque respiration (yek nafassi) se tient en moi, avec moi (bâ mâ bâsh)". Quatrain 996 AK. Nous venons de remarquer qu'il emploie cette fois le mot nafassi pour respiration et non pas le mot dam qui est respiration-instant, cela afin de nous faire revenir à l'activité habituelle mais sans perdre la nouvelle conscience.

Et Rumi redouble dans ces encouragements face à tout humain qui objecte à soi-même :"comment puis-je penser (mipendâri) que moi (ké man) je suis à ce point commandant de moi-même (léfarmân é khodam!)?". Et il confirme: "oui, je suis comme la plume dans la main d'un écrivain expert, et celui-là c'est moi (pish éghalamrân é khodam)". Quatrain 1167 UT.

Parvenus ainsi à l'achèvement de ce parcours de formation ou d'initiation avec un tel Maître évidemment qui est du pays d'Esther et du Roi de Perse que nous connaissons), qui cumule dans la plus grande simplicité, poésie, et capacité de communication, tout le savoir anthropologique de ces cultures, nous pouvons maintenant entendre sa conclusion d'encouragement que je traduis intégralement dans les quatre versets depuis le farsi du quatrain 1167 UT. Certes, c'est seulement un encouragement car le Maître qui éclaire et guide l'entraînement ne peut pas remplacer le champion sportif ! Mais écoutons-le et intégrons son enseignement:

"Khod râ tcho dami zé yâr mahram yâbi
Toi-même, quand une "respiration-instant (dam)" avec le Bien-Aimé (le Créateur) en union avec Lui tu as trouvé.

Dar 'omr é nassib é khish ân dam yâbi
Dans cette durée de vie dans la part qui est toi-même, cette respiration-instant tu obtiens,

zanhâr lé zâyé' nakoni ân dam râ
(alors) prends garde, n'endommage pas une telle respiration-instant,

zirâ ké tchénân dami dégar kam yâbi
parce qu'une telle respiration-instant, une autre rarement tu obtiens".
Et cela est si puissant que Rumi compare dans le quatrain 130 AK ka ruchesse de ce moment-respiration (dam) en ces termes: alors "l'âme (djân) est dans une stupéfaction (dar heyrat) car c'est comme l'expérience de Moïse lui-même (tcho Môsâ) !




1) la phase de confusion

Nous abordons maintenant une nouvelle partie ; en effet, jusqu'ici Rumi nous a permis de saisir les clefs que sont les liens entre la respiration et l'amour, et cela à tous les niveaux et en tous mouvements. Mais, maintenant, nous allons découvrir la gestion concrète de ces dynamiques dans les mouvements concrets et successifs de la respiration. Car, certes, sur le plan théorique nous pouvons mettre de l'ordre par des distinctions conceptuelles et par des liens conceptuels mais, dans l'acte-même de la respiration, on alterne normalement entre
- la sensation "d'être noyé et de crier (ghargh shavand)" dans "un océan (bahrist) sans bordures ni limites (karân o lab)". Quatrain 232 AK.
- l'alternance ressentie entre l'harmonie et la brisure qui donne la juste impression que tout cela ne sont que "des idoles venant de moi (ân sanam, ân é manast)". Quatrain 319 AK. ou des ennemis (doshman) inutiles et stupides. Quatrain 1316 UT.
- mais on ressent bien, pourtant, qu’

il faut trouver une unité vivante et vitale dans la dualité de la respiration
(entrée du souffle et sortie du souffle) et Rumi l’exprime en ces termes : "il ne faut pas séparer une fenêtre et un mur (tché djâyé daritché’i, ké divâr namând)" mais il faut parvenir à les conjuguer ensemble. Quatrain 511 AK.


2) Vers la phase d'harmonie (mo'zoun) Quatrain 805 UT.

- Cette évolution d'harmonie commence quand s'éveille une conscience de la puissance personnelle qu'expriment les alternances internes: "ce grand tonnerre (inbâng ekhosh) qui est sur mon coeur et mon âme (bardel o bar djân e manast) il est mien (ân é manast)". Quatrain 300 UT.

- Puis, vient la conscience de la certitude qu'il n'y a pas de désintégration ni de rupture interne quand on se joint à cette connaissance interne immense: "celui qui me connait, ne meurt pas (shenâsâyé ma râ, mordan nist)". Quatrain 311 AK.

- Puis c'est une stabilité qui rejoint l'essence de l'Etre; interne et externe sont reliés et sont un: "dedans mon coeur et dehors, tout est un (andar deleman, daroun o biroun hamé oust)". Quatrain 311 IT.

- Alors, un sentiment peut émerger en ceci que tout ce qui est créé en soi sont "des gouttes d'amour devenues corps concret (az shabnam é eshgh, khâk é âdam gel shod)". Quatrain 521 AK.

- Cela dépasse un exercice limité car, à l'échelon personnel, émerge le sentiment nouveau que "cet amour est perfection (in eshgh kamâlâst o), lumière de gloire (nour djalâst) et que l'expérience du jour est unité (emrouz versâlast o)". Quatrain 1083 UT.

- Ce sentiment d'harmonie interne-externe se vit dans cette conscience qui intègre et le corps et l'autre niveau: "corps dans l'amour-avec-l'âme est devenu (tan âshegh é djân), et l'âme dans l'amour-avec-le-corps (djân âshegh é tan)" et cela de façon alternative constamment. Quatrain 1516 AK.

- Et ce sentiment ne part pas vers des définitions théologiques mais il y a la conscience que se joue un nouvel équilibre interne multidimensionnel: "en dehors de toi il n'y a rien dans le monde (biroun zé to nist, hartché dar âlam hast), en toi-même cherche chaque chose que tu désires parce que tu l'es, c'est toi". Quatrain 1921 UT.

- Et il ne trouve dans le quatrain 1908 UT que l'exemple de la pleine lune (mah) pour exprimer la beauté de cette radiation (tâbân) vivante, délicate (latif), bonne (khoub) et harmonieuse (môzouni).

3) Passons à la réalisation technique concrète de tout cela chez Rumi

Résumons brièvement:

- placer la répétition duelle qui se joue dans la respiration comme le rythme essentiel le plus complet en potentiel (zikr), et non comme un désordre. Quatrain 11 AK.

- se centrer sur cet essentiel dans l'amour global : "l'Amant du coeur dit (deldâr béman goft): Mon visage est ici et tu regardes une rose! (rokhsâr é man indjâ vo, to dar gol négari !)". Quatrain 1776 UT.

- garder conscience que c'est le niveau idéal et le plus sain : "toi-même quand un moment respiration (khod râ tcho dami) avec l'Aimé"... Quatrain 1667 UT.

- continuer sans cesse cette conscience, sinon tout l'être tombe dans un sommeil tandis que, au contraire, l'homme sain est "libéré de cet endormissement (pâkast za khâb)". Quatrain 336 AK.

- cette respiration globale réussie dans la répétition est "l'amour unifiant (in eshgh moshâ ast o)". Quatrain 1046 UT.

- cette bonne respiration consciente est l'acte du bonheur, exprimé avec une immense puissance dans les trois premiers mots de toute la journée juive: "modé ani léfaneikha (je reconnais et je remercie et je louange car je suis devant Toi)". Nous pouvons démontrer cela aussi dans l’introduction par Saadi (1210-1291) de son livre Golestan. Lien

- c'est aussi exactement la science du "lien", terme qui est la signification exacte du mot "yoga" mais ce lien dans le yoga n’est pas seulement un lien psychanalytique entre niveaux ou dans la conscience psychologique entre quelques organes mais cette conscience partielle puis globale est reliée dans le yoga jusqu’à la présence du Créateur; ce yoga authentique du «lien» n’a rien à voir avec les cours de yoga-gymnastique en Occident: ce sont deux anthropologies étrangement (!) étrangères, alors que la Bhagavad Gita 12,8 place le mot "yoga" comme ce qui permet de rencontrer et de voir le "yogam aishvaram, Son yoga inconcevable".

Donc, en chacun de nous, il y a cette capacité de "trésor caché (kountou kanzane)". Rumi la nomme ainsi dans le Mathnawi, 4,3029 ou "la perle cachée (dor maknoun)" dans le quatrain 805 UT en se basant sur la tradition musulmane exprimée dans le fameux Hadith qudsi.
Rumi nous a transmis ainsi sa méthode précise, apprécié par des myriades d'humains de toutes cultures, sciences, civilisations ou religions à qui il a perrmrmis de mieux comprendre dans tous ses détails la puissance du yoga et de la respiration. A chacun, à partir de tels éclairages, de trouver ses propres voies.

Voici, pour information, le texte complet de ce thème dans le Hadith qudsi:
"Kuntu kanzan makhfiyan lam u’raf fa’ahbabtu an u’raf fa-khalaqtu-l-khalq khalqan wa-ta’arraftu ilayhim fabî ‘arafûni.
J’étais un trésor caché ; Je n’étais pas connu ; or J’ai aimé à être connu, alors Je créais une création aux créatures desquelles Je me fis connaître, en sorte que par Moi ils M’ont connu".

Il est clair que tout ceci n'est pas une compilation théorique de type universitaire car on ne peut pas nager ainsi en recherche dans l’oeuvre de Rumi sans être «à l’intérieur» de ces dynamiques...

La troisième lecture, devenue "vivante et vécue", de ce texte

Après la compréhension intellectuelle dans la première lecture,
et après la compréhension ressentie intérieurement dans cette seconde lecture,
nous atteignons "maintenant ensemble" -dans la troisième lecture en simultanéité et dans notre développement personnel- les trois niveaux "ensemble" et leurs composantes et interactions dont parlait Rumi dans le quatrain 805 UT qui a ouvert tout ce texte:

"- neshat o tarab : joie, et plaisir (allégresse, musique)...
- vodjoud, xhoub o mozoun : l'existence, le bien et l'harmonie...
- dor : la perle de lumière".

Il s’agit donc de "vivre l’ensemble de tout ce dont est porteur ma respiration". Cette réceptivité au “tout” rejoint deux apports des civilisations riches en enseignements vitaux et sur lesquels je peux revenir et développer ailleurs:

1- le “tout” ("kol" en hébreu), bien saisi par le Roi David dans le dernier verset 150,6 des psaumes déjà cité plus haut:
“KOL ha néchama-néchima téhallél YA hallélouya.
TOUTE l’âme-respiration Te loue constamment, D.ieu”.

2- la simultanéité de la plénitude du “TOUT” et qui est une plénitude vitale en haut et ici-bas exprimée dans l’introduction de la première des Upanishads dans les termes de "Aum purnam" qui est dite valoir toutes les Ecritures de cette culture: "If all the Upanishads and all the other scriptures happened all of a sudden to be reduced to ashes, and if only the first verse in the Ishopanishad were left in the memory of the Hindus, Hinduism would live for ever." (Gandhi).

- Patience ! Car il faut avancer lentement dans ces connaissances et les pratiquer (cela a pris 150 psaumes pour le Roi David !), pour intégrer ces dimensions vitales et vivantes.

- Cette avancée personnelle ne peut se faire qu’avec l’aide d’un enseignement qualifié et compétent en toutes ces dimensions: tout cela, c’est bien le cadre et la relation de formation procurés et partagés et accompagnés dans le Centre Ayurvédique Traditionnel par Nili Stone-Gangapersad.

 

 
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