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Soham et Ani ani: l'essentiel de la méditation indienne et juive


- Introduction nécessaire
- Dans la tradition juive
- Dans la tradition indienne
- Retour à la méditation juive
- Conclusion
- Etude continue
- Révision des concepts sanskrits présents dans cette étude, et selon son déroulement
- Quelques précautions nécessaires



- Nombreux sont les gens qui pressentent -à juste titre- qu'ils progresseraient en santé physique et psychologique s'ils étaient capables de pratiquer une méditation calme, profonde et cela très régulièrement. Leurs problèmes de santé l'exigent. Ils se renseignent, rêvent de capter avec facilité les secrets de l'Inde sur la méditation et ils cherchent près de chez eux des cours animés par quelqu'un qui a été suivre une session aux Indes et s'est transformé en professeur au retour.
Et ils rencontrent alors un autre problème interne car ils sont pris dans une contradiction: cette voie va-t'elle créer en eux un trouble supplémentaire camouflé par le temps du silence dans le groupe de méditation: crainte d'une contradiction interne par la scission en eux entre deux cultures qui seraient incompatibles. Et certains souhaitent savoir si leur culture occidentale, en grande partie fondée sur les sources spirituelles antiques de la Bible, est compatible avec cette approche indienne ou si elle comporte elle aussi cette même clef qui approche des sommets.

Ils pressentent à juste titre encore que le fondateur, Avraham, de cette civilisation biblique possédait lui aussi toutes les sciences et tous les secrets et les a transmis non seulement dans les textes mais aussi de Sage en Sage.
Ce bref article apporte quelques éclairages précis et fondés sur les meilleurs enseignements magistraux de ces deux courants, et sur la connaissance de ces enseignements reçus dans le processus de transmission auprès des maîtres et dans la connaissance des textes dans leurs deux langues originales qui portent véritablement les deux messages.

Il est admis par tous que la méditation suppose détente, présence, centration, conscience, écoute. Mais la divergence semble quand même globalement considérable entre ces deux traditions. D'autre part, il y a en Occident un usage simpliste extrêmement répandu de la méditation indienne qui ne va alors guère plus loin que la simple relaxation et le "how to meditate". Les sages indiens actuels voient dans cette mode moderne une profanation éhontée de la vérité (voyez, par exemple, le texte de condamnation claire écrit dans son commentaire de la Bhagavad Gita verset 15,11 par le Sri Swami Pradbhhupâda dans les éditions multilingues sur ce détournement lamentable du yoga):

"In the present day there are many so-called yogis, and there are many so-called associations of yogis, but they are actually blind in the matter of self-realization. They are simply addicted to some sort of gymnastic exercise and are satisfied if the body is well-built and healthy. They have no other information. They are called yatanto 'py akrtatmanah. Even though they are endeavoring in a so-called yoga system, they are not self-realized.../... Only those who are actually in the yoga system and have realized the self, the world, and the Supreme Lord, in other words, the bhakti-yogis, those engaged in pure devotional service in Krsna consciousness, can understand how things are taking place".

Pourquoi cette protestation? C'est parce que, au delà du premier stade qui est la détente consciente et la centration relaxée, il doit y avoir ensuite le stade essentiel qui est une "présence entre soi et la cible visée" qui apparaît comme présente et se révélant.
D'autre part, cet état de conscience nouveau ne fait que révéler la nature exacte du réel qui apparaît alors comme entièrement "relié" entre tous les niveaux depuis le corporel jusqu'à l'intellectuel, le psychologique, le spirituel, le divin, ensemble d'une même forme de relation qui est la définition précise et exacte de ce qu'est 1) le mot "yoga", 2) le bien-être de santé uniquement globale qu'apporte l'ayurveda, 3) la pureté et la droiture et l'outil qu'apporte en tout cela la méditation. Nos patients ou élèves qui ont travaillé avec nous dans la ligne traditionnelle ont découvert ces trajectoires et composantes et dynamiques; et ceux qui en avaient déjà une connaissance préalable par ailleurs y ont retrouvé dans notre enseignement et dans notre formation continue ce qu'ils avaient reçu des maîtres.

Cela peut aller jusqu'à la rencontre du soi personnel avec le Soi essentiel et unique présent dans tout l'univers et qui le dépasse même.
Ces bases étant bien comprises nous pouvons maintenant aborder les spécificités juives et indiennes dans la méditation.






Au cœur de la prière juive revient constamment la répétition fréquente (nommée mantra ailleurs) du "Chémâ Israël". Elle est peut-être la plus importante formule dans le judaïsme. Mais beaucoup, non formés et succombant aux routines dans leur pratique, peuvent hélas l'agir seulement comme un rite obligatoire qui caractériserait le Juif. Or, c'est beaucoup plus que cela dans l'acte même de le dire. Le "Chémâ Israël" n'est même pas un axiome qui condenserait tout le judaïsme, en son monothéisme, dans une définition conceptuelle. Mais, au contraire, c'est avant tout l'outil pédagogique qui fait que se réalise symboliquement et réellement une rencontre, une relation, un échange, une union, une symbiose particulière entre la personne qui le dit et le divin dans une procédure de méditation réussie. Expliquons cela.


En effet, la formule initiale du "Chémâ Israël" (, tirée de la Bible au chapitre Dévarim ou Deutéronome 6,4) signifie "Ecoute, Israël¨. C'est une invitation à l'écoute faite par le Créateur envers le créé en tant que recevant Sa révélation: et il est dit aussi que cela constitue le fait d'être le peuple d'Israël. Donc, le "Chémâ Israël" est bien un enseignement concret sur l'attitude permanente à avoir face au Créateur. Il ne s'agit aucunement ni de le réciter ni de l'étudier seulement. Il s'agit de répondre à la demande du seul véritable enseignant, maître, gourou, rav (D.ieu Lui-même) qui demande au créé, dans les mots successifs de cette formule:

- de se mettre par l'écoute intérieure "dans l'intimité d'une relation avec Lui",
- de vivre cette relation sous la forme de "l'écoute, Chémâ", ce qui veut dire: non pensée ni réflexion mais "réceptivité dans la relation où le don viendra depuis le Créateur jusqu'à Sa créature",
- et de devenir en chaque "maintenant, âta" (voir Exode, Chémote 19,5) ce qui était le but plein et potentiel et total de l'acte de la Création.
- et, par là, de réussir ce projet et de le développer en bonheur.
Chacun de ces points est une composante et une étape de la plus grande méditation réussie, étape partielle digne de se voir accorder du temps de réceptivité.
La méditation juive est cette conjonction réussie de "l'écoute, Chémâ" et du "maintenant, âta". Ce mot "âta" porteur de cette pédagogie revient ainsi plus de 400 fois dans la Bible. Il est si puissant qu'il montre tout son potentiel de rencontre et fusion par l'expression fréquente dans les psaumes: "mé âta vé âd ôlam, de maintenant jusqu'à toute l'éternité". Signalons aussi qu'il commence comme premier mot le Yoga Sutra de Patanjali, livre antique en sanskrit qui est si l'on peut dire la "bible" du Yoga.

Cette écoute, exprimée par le mot "chémâ", n'est pas seulement auditive (ce qui aurait pu être le mot "léaqchiv", en hébreu); certes, cette écoute est auditive mais "elle va jusqu'à la réception totale, jusqu'à l'intégration et l'intériorisation de ce qui est envoyé, entré".

"C'est donc un changement de l'être de celui qui reçoit, et ce changement est une union symbiotique avec l'Emetteur divin".
Cette forme d'écoute enseignée par le "Chémâ Israël" est une phase pédagogique qui établit dans le succès et par la seule voie possible la méditation réussie, dans sa simplicité et dans sa rapidité et dans son extension optimales avec le Créateur. Et ce serait incroyable si tout cela n'était pas dit aussi explicitement par ce verset: "réou âta ki Ani Ani Hou, voyez maintenant que Moi Moi Lui..." (Dévarim, Deutéronome 32,39.
Présence d'union totale, possible, réussie et clairement proposée et donnée. Prolongez l'étude en ce sens par ces références données par le Roi David sur cette dynamique: psaumes 2,10 et 27,6 et 39,8 et 119,67.

Quand le Juif a terminé cette trajectoire de méditation dans les mots de "Chémâ Israël", il dit ensuite les mots suivants: "émet (cela s'étend en vérité sur toutes les dynamiques de tout l'alphabet depuis la première lettre jusqu'à la dernière)", "vé yatsiv (et cela est stable)", "vénakhone (et c'est exact)", "véqayam (et cela existe)", "véyachar (et cela est direct et droit)", etc. Cela nous est clair maintenant. Et, encore ici, cela se déploie dans des étapes du temps.

Quel est donc cet état d'union commune, de cohabitation ainsi proposé dans la méditation?

Le terme hébreu qui la nomme est la "chékhina" qui veut dire "ce qui habite pleinement". Bien entendu, il serait facile -et beaucoup le font- de caractériser par ce mot la seule présence du seul divin pour nous placer hors de cette relation de bonheur et nous en expulser. Mais les Tiqounéi Zohar 21, 49,2 ne nous permettent pas de nous mentir ainsi ni de nous détruire ainsi et ils disent clairement "lév hi chékhina, le cœur est la chékhina" et ils insistent sur la relation ontologique de co-présence exprimée par le fait que notre cœur a deux composantes, deux chambres proches unifiées. Qui veut comprendre comprend... que nous ne sommes pas ici uniquement dans le spirituel mais que la rencontre divine intègre jusqu'au corporel humain. Réchite 'hokhma du Grand Sage Eliahou ben Moché Vidas développe cela. Tout est ainsi, en cette ligne, à la fois de la méditation, du yoga et de l'ayurvéda.


Nous arrivons alors à la question: dans le "Chémâ Israël" quel message total, depuis l'intellectuel jusqu'au vivant et au vécu est alors en action dans cette forme de trajectoire de méditation ?"
Le message dynamique dans l'ensemble de la phrase ("Chémâ Israel, Hachem Eloqénou, Hachém é'had") est celui-ci:

- après la connection réussie de l'écoute,
- le divin y révèle et y agit Son nom exprimé par la dynamique dans et entre les lettres du Nom divin (nommé "Hachém"),
- puis il révèle Son identité (le divin Eloqim); mais ce divin est particulier car il constitue avec nous un "nous-commun" dans le divin Eloqim (c'est grammaticalement le mot "Eloqénou").
- et cela se termine par l'affirmation que ce divin ainsi révélé de façon nouvelle et manifesté et agi et uni au récepteur que nous sommes se définit par un terme bien précis ("E'had": Un). Il est même exprimé fortement dans les sons:
- il se prolonge par plusieurs mots prononcés à voix basse
- puis il aboutit à son expression et à son extension dans l'amour entre les deux, c'est le mot suivant: "véahavta, tu aimeras". Tout est ainsi déclaré, en phases successives de respiration.


Donc, si quelqu'un entend cette phrase du "Chémâ Israël", ou la lit ou la dit dans cette démarche qui est la vie en méditation parfaite juive, il entre ipso facto dans l'unité autant qu'elle est possible avec le divin (définition exacte du mot "yoga", Bhagavad Gita 6,27). C'est un "changement d'être" qui ne semblait même pas imaginable envers Celui qui est certes le seul Créateur et qui le restera, et qui est présent en toute créature puisqu'Il lui donne l'existence mais qui est cependant toujours au-delà du créé. En cela, les textes de la tradition du judaïsme et de la tradition indienne sont identiques. Ceux-ci parlent alors de "ceux qui sont les plus parfaits dans le yoga, yuktatamâh" (Bhagavad Gita 12,2).

Ainsi, c'est, simultanément, une relation duelle, ambivalente, mais aussi contradictoire: ce Créateur se donne et en unité à l'humain créé mais Il reste le seul émetteur, le seul faisant exister et Il n'est pas matière comme nous. Et nous avons l'expérience et la rencontre de cette contradiction; cela a été mis fortement en évidence dans les enseignements du Grand Sage Caitanya (voyez une approche claire de cette dialectique dans l'ouvrage: The teachings of Lord Caitanya, The Golden Avatara. par le Swami Prabhupâda. Editions The Bhaktivedanta Book Trust, Mumbai).

C'est ainsi, dans cette simplicité, que se réalise la trajectoire d'une méditation parfaite dans toutes ses composantes et dynamiques.





Dans la tradition indienne, la méditation de la mantra "So ham" joue les mêmes notes et harmoniques et dynamiques motrices que nous avons présentées. Cela, en seulement deux mots qui disent "So (Lui)" puis "aham (moi)"; le mot "aham, je, moi" s'abrège alors par liaison grammaticale en "ham". Et là aussi, parmi toutes les mantras, elle est considérée comme la plus importante, comme le "Chémâ Israël" dans le judaïsme.


Et ce "So (Lui)" joint à "aham (moi)" saisit tellement la personne humaine en toutes ses dimensions que la méditation de "So ham" se vit par étapes répétitives dans la respiration et au rythme de la respiration: "Lui, So" se vit et se dit pendant l'inspiration (pâraka) et "moi, aham" se vit et se dit pendant l'extériorisation (rechaka) du souffle. Je dis ce terme "l'extériorisation" au lieu du français "expiration" car ce terme français exprime la mort alors que cette union que nous étudions est une symbiose d'existence maximale.
En cela, c'est la même méditation que la méditation juive où il ne s'agit pas de penser ni de dominer ni de projeter sur le Créateur nos imaginations internes ou intellectuelles (samskâras). Et tout l'être en méditation doit alors et peut alors vivre l'union et dire: "Lui, je Le suis"… "je suis Lui".


Alors, il n'est plus question de savoir intellectuel, ce qui serait la véritable ignorance (avidyâ) et perversion. Mais cela devient la perception de l'être véritable de notre soi-Soi qui est le fruit et le champ de la volonté divine, Sa participation avec Lui, bien au-delà des représentations et idoles (voir la Bhaghavad Gita 18,66).
Et cette dynamique dite en mantra parvient ensuite à se dire et à se vivre en silence pour constituer un état permanent ou, plus exactement encore, une identité complète.


Et la formation quotidienne répétée à ce type de relation dans la mantra et multipliée chaque jour et révélant la véritable identité, peut faire advenir à une conscience permanente, branchée sur l'inscription de la constance de la relation vivifiante Créateur/créé. C'est comme il est dit dans le judaïsme: "chiviti Hachém lénegdi tamid" (psaume15,6): je me représente Hachém devant moi toujours".
Cette démarche-là devient peu à peu un passage permanent à un autre état, même et surtout dans les difficultés. Pour cela, il est dit que l'âme individuelle (jiva) répète cette mantra 21600 fois par jour, expression qui veut insister sur ce qu'est notre véritable être, recevant ce don permanent de l'existence divine. Ce qui est tout simplement: l'existence.

Nous revenons ainsi au concept qui décrit la dynamique d'habitation du divin, la résidence fixée, dont j'ai parlé à propos du terme de "chékhina" et l'importance du cœur pour cela. Le verset 15,15 de la Bhagavad Gita nous place en ce lieu: "sarvasya (de tous les êtres) tcha aham (et Moi) hrdi (dans leur cœur) sanni vistah (je suis situé)".
Le verset (ou "sloka, en sanskrit") 8,12 reprend ces termes qui nous sont maintenant familiés: "hrdi (c'est dans le cœur) âdhâya (se fixant)".
Et le verset 13,19 insiste en disant que "samâsatah (en résumé) mar-bhâvâya (Ma nature, Mon être) upapadyate (est atteint)".
Et cela est possible pour chacun car, dit le verset 18,61 en fin de la Bhagavad-Gita, "Isvarah (la personne Suprême) sarva-bhutanam (de tous les êtres), hrt-deshe (dans la localisation du cœur) tisthati (réside)".





Voyons maintenant comment, en trois mots, les premiers de toute la prière juive dès le matin, il est dit exactement ce même "Lui, je le suis; je suis Lui" de la mantra "So ham". Cela, quand on dit les trois premiers mots de chaque matin: "modé ani léfaneikha", (je reconnais, moi (je suis) devant Toi)". (Précisons que, grammaticalement, la femme dit "moda" et l'homme dit "modé").

Le terme "moda ou modé" est bipolaire: il signifie à la fois et "je reconnais" et "je loue".
La question est alors : "mais je reconnais quoi ?"
La réponse est donnée par les deux mots suivants dans le texte: "je reconnais et suis conscient que moi (je suis) devant Toi: modé... ani léfaneikha ". Tout le message de fusion, d'union dans le don de Création et toute l'unité réalisée dans la même nature (qui préserve cependant les niveaux différents) tient au fait que le mot "ani, je" ne concerne pas seulement le sujet humain mais il désigne dans les textes de la Torah avant tout le Créateur car Il utilise toujours ce terme en se nommant par ce mot "ani" pour manifester et signer chaque fois un événement particulièrement important pour Lui comme en Béréchite 15,7"Je suis Hachém qui t'ai fait sortir de Ur Kashdim".


Cela se dit dans l'instant à celui qui écoute cet événement particulièrement important: "modé ani léfaneikha, je reconnais ceci: moi (je suis) devant Toi". Ce n'est pas pour rien que ces trois mots "moda/é ani léfaneikha" ont été choisis comme les seuls premiers mots de toute la journée car, par eux, alors je (le Juif ou la Juive) reconnais que le divin qui est Ani nous accorde le droit inimaginable de nous nommer nous aussi de Son nom "Ani" et d'être donc au même instant dans l'union, dans l'union la plus complète qui puisse exister avec Lui.

Et chaque "ani", alors utilisé ainsi en toute autre phrase peut réanimer ces dynamiques si nous le voulons, car tout le potentiel du don divin est toujours présent et proposé en chaque instant. Et il est ainsi toujours possible d'atteindre notre conscience d'être et d'union et de symbiose.
Très nombreux sont les passages de la Torah qui réaffirment cet Ani/ani. A nous d'entendre ce message, et de le capter.
Dans la tradition indienne, ces mêmes dynamiques révélées et enseignées dans la pédagogie, le sont beaucoup plus directement et beaucoup plus dans le style divin sous la forme du "Je/tu" que dans les textes juifs où les niveaux du texte sont aussi présents mais souvent plus pudiquement camouflés, au risque que celui qui ne reçoit pas l'enseignement d'un maître complet risque d'en rester à la dimension intellectuelle ou de rite.


Regardons et écoutons comment le Roi David nous révèle, nous montre, nous entraîne dans ces passages du "il" jusqu'aux relations du "je-tu" et aux fusions du "ani" double, comme dans ce psaume 91 totalement situé au niveau de ces dynamiques dont nous parlons ici dans la méditation divine:


- Celui qui demeure dans la cachette du Très-Haut, et s'abrite à l'ombre du Tout-Puissant,
- qu'il dise à Hachém: "Tu es mon refuge, ma citadelle, mon Dieu, en qui je place ma confiance!"
- Car c'est Lui qui te préserve du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière.
- Il te recouvre de ses vastes pennes; sous Ses ailes tu trouves un refuge: Sa bonté est un bouclier et une cuirasse.
- tu n'auras à craindre ni les terreurs de la nuit, ni les flèches qui voltigent le jour,
- ni la peste qui chemine dans l'ombre, ni l'épidémie qui exerce ses ravages en plein midi.
- Qu'à tes côtés il en tombe mille, dix mille à ta droite: toi, le mal ne t'atteindra point.
- tu le verras seulement de tes yeux, tu seras témoin de la rémunération des méchants.
- C'est que [tu as dit]: "Hachém est mon refuge!" Dans le Très-Haut tu as placé ton abri.
- Nul malheur ne te surviendra, nul fléau n'approchera de ta tente;
- car à Ses anges il a donné mission de te protéger en toutes tes voies.
- Sur leurs bras ils te porteront, pour que ton pied ne se heurte à aucune pierre.
- tu marcheras sur le chacal et la vipère, tu fouleras le lionceau et le serpent.
- "Car [dit le Seigneur] il m'est attaché, et Je veux le sauver du danger; Je veux le grandir, parce qu'il connaît mon nom.
- il m'appelle et je lui réponds; Je suis avec lui dans la détresse, Je le délivre et le comble d'honneur.
- Je le rassasie de longs jours, et Je le fais jouir de mon salut.

-
Des mantras très nombreuses indiennes tirées des textes de la Védanta sont précisément situées en ces dynamiques relationnelles définies comme "" sat (essence/existence pure essentielle)", "chit (connaissance pure essentielle)", "ananda (bonheur pur essentiel)".
Cette capacité d'être relié à cet état dans la méditation s'appelle jivanamukta.
Et celui qui le vit est nommé alors jivanmukti,"en état de libéré vivant".



Tout ce que nous venons de comprendre place l'essentiel de la méditation
- non pas dans des étapes d'architecture méditative compliquée
- mais dans la qualité simple de l'écoute positive permanente (pratipaksha-bhâvana) qui, au contraire, remplace la mauvaise qualité des pensées par la bonne.
Alors le véritable "je" est atteint, on appelle cela la méditation sur le Moi ou ahamgra-upâsâna.
On peut comprendre ainsi toute la stratégie des images comme celle du lotus aux 1000 pétales (sahasrâra), et pourtant d'une unité si belle et si simple qu'il a fallu la fleur de lotus pour en rendre compte. Et le lotus, flottant si spirituellement au-dessus du matériel, a surgi de la boue sale au fond de l'eau vitale et y reste relié, sens important.
Alors aussi, la méditation apparaît en son essence: être présent à l'intérieur (antara).
Le yogin, celui qui pratique le yoga, qui est cette science des relations complexes en une simple unité, le yogin est alors ce lotus, émergeant de la boue au fond de l'eau mais rayonnant dans et par le divin.
Il n'y a plus alors de dispersion de l'esprit (vikshepa).
Et la capacité de revenir simplement à cette rencontre procure un sentiment permanent de contentement (tushti), de sérénité (shama), de bonheur (shukha) et d'optimisme (utsâha).
A ce moment, notre vie reste probablement autant chargée de difficultés mais elle réalise de plus en plus facilement la "anayachetâh" qui consiste à ne pas penser à autre chose qu'à l'essentiel du cœur des choses, des êtres et des événements.

Et pourtant, le psaume 91 parle de la méditation d'union qui se déroule dans un contexte de "séter, cachette au milieu des ténèbres environnants". Ce n'est pas une conception pessimiste de l'existence, c'est même la mise en garde continuellement répétée de la Bhagavad Gita sur les supercheries de méthodes faciles: car cette relation parfaite de méditation-relation est "autre" que la relation spontanée qui peut être alors décrite en réalité comme ténèbres. C'est de cela que la Bhagavad Gita (15,12-13) dit : "c'est comme la splendeur (jagat) de la lumière du soleil (âditya-gatam) qui dissipe les ténèbres qu'il y a sur la lune (candramasi)… Ainsi J'entre dans les planètes (gam) de tous les êtres (bhûtani)".
Le Sage a compris cet usage fonctionnel des ténèbres de la conscience comme il dit également dans le psaume 18,12: "Des ténèbres, il se fait une mystérieuse retraite (sitro), il s'enveloppe comme d'un pavillon, des eaux obscures, d'opaques nuages). Le non-éduqué-en-ce-sens ne voit rien, s'affole de ces ténèbres, mais le Sage éclairé sait qu'il s'agit "de la cachette suprême qui se manifeste en présence de l'Etre suprême; cette expression très dynamique, cet outil de lumière se nomme en hébreu: "sétér êliyone" et il comprend même avec bonheur et délice -par ces ténèbres apparemment inquiétants- la fonction protectrice et d'union intime heureuse de cette zone décrite dans le premier verset du psaume 91 "Celui qui demeure dans la cachette du Très-Haut, et s'abrite à l'ombre du Tout-Puissant, qu'il dise à Hachém: "TU es mon refuge, ma citadelle, mon Dieu, en qui je place ma confiance!". Et Rachi, le plus célèbre commentateur dit que "ces ténèbres sont les ailes de la chékhina, présence intime divine ("séter canféi ha chékhina)". Et les Tiqouné Zohar 62 décrivent ces ténèbres-abris comme la "mère suprême" et la "sagesse suprême"; c'est l'ombre spéciale dénommée "tsel chadaï" dans ce premier verset.
Et se réalise alors banalement -peut-on dire!- ce qui est décrit dans la Bhagavad Gita (8,14):
"Anayachetâh (sans déviation) satatam (toujours) yo (tout celui qui) Maam (de Moi) smarati (se souvient) nityasah (constamment) tasya (pour lui) aham (Je suis) sulabha (très facile à atteindre)…".


La méditation n'apparaît plus alors comme une performance semblable à celle de gagner dans un championnat, d'apprendre et de réussir à jouer d'un instrument de musique, d'un téléphone portable ou d'un ordinateur ou d'une voiture.
C'est la capacité de se mettre en relation droite, directe, constante et stable et d'y rester situé, et cela autant dans la relation la plus concrète de la nourriture et du corps et des fonctions mentales. Tout cela est méditation, tout cela est ayurvéda, tout cela est yoga. Tout cela est un. Tout cela est la proposition divine reçue, acceptée, intégrée et vécue et développée.
Le judaisme a formulé ce parcours de la méditation comme un passage de l'intention à la relation d'habitation commune en ce terme représenté par "le sanctuaire, miqdach" ainsi qu'il est dit (Chémote, Exode 25,5) : " véâssou Limiqdach vé chakhanti bétokham" ("et ils Me feront un sanctuaire et je résiderai en eux-mêmes").


Silence maintenant, à chacun de le vivre dans les particularités de ses structures (svabhâva), ce point-ci est essentiel dans la conception indienne. Le verset 13,25 de la Bhagavad Gita insiste sur cette particularité dans les voies de chacun.




Mais allez étudier avec vos outils personnels les versets suivants de la Bhagavad Gita où cet état heureux commun nommé divinement (âtman) concerne simultanément le particulier humain et la Personne Suprême divine:
2,55 et 3,17 et 4,35 et 4,38 et 5,21 et 13,25 et 15,11.
Et vivez-le constamment en respiration double!!
Et dans le rythme double des deux chambres du cœur!!
Vous voici "Dhanandjaya, conquérant des trésors et richesses" Bhagavad Gita 7,7 et "yati (atteignant) parâmam (la suprême) gatim (destination)": Bhagavad Gita 8,13.

Et, si vous le souhaitez, vous pouvez essayer d'apprendre tout cela (selon les caractéristiques de votre être corporel-intellectuel-psychologique-spirituel...) dans notre Centre Ayurvédique traditionnel.


Révision des concepts sanskrits présents dans cette étude, selon cet ordre:
- âta, maintenant,
- yuktatamâh, ceux qui sont les plus parfaits dans le yoga
- So, Lui
- aham, moi
- pâraka, l'inspiration du souffle
- rechaka, l'extériorisation du souffle
- avidyâ, la véritable ignorance
- jiva , l'âme individuelle
- sarvasya (de tous les êtres) tcha aham (et Moi) hrdi (dans leur cœur) sanni vistah (je suis situé)
- hrdi (c'est dans le cœur) âdhâya (se fixant)
- samâsatah (en résumé) mar-bhâvâya (Ma nature, Mon être) upapadyate (est atteint)
- Isvarah (la personne Suprême) sarva-bhutanam (de tous les êtres), hrt-deshe (dans la localisation du cœur) tisthati (réside)
- sat, essence/existence pure essentielle
- chit, connaissance pure essentielle
- ananda, bonheur pur essentiel
- jivanamukta, capacité d'être relié à cet état dans la méditation
- jivanmukti, en état de libéré vivant
- sahasrâra, lotus aux 1000 pétales
- antara, être présent à l'intérieur
- yogin, celui qui pratique le yoga
- vikshepa, dispersion de l'esprit
- tushti, sentiment permanent de contentement
- shama, sérénité
- shukha, bonheur
- utsâha, optimisme
- anayachetâh, consiste à ne pas penser à autre chose qu'à l'essentiel du cœur des choses, des êtres et des événements
- jagat, splendeur
- âditya-gatam, lumière du soleil
- candramasi, les ténèbres qu'il y a sur la lune
- gam, les planètes
- bhûtani, tous les êtres (bhûtani)
- anayachetâh (sans déviation) satatam (toujours) yo (tout celui qui) Maam (de Moi) smarati (se souvient) nityasah (constamment) tasya (pour lui) aham (Je suis) sulabha (très facile à atteindre)…
- âtman; heureux commun nommé divinement (âtman)
- dhanandjaya, conquérant des trésors et richesses
- yati (atteignant) parâmam (la suprême) gatim (destination)

Et voici quelques concepts de sanskrit sur ce thème vital complétant tous ceux de mon texte:
dhriti : la persévérance spirituelle
hritstha: qui siège dans le cœur
kûtastha : stable
mayi nivasishyasi : en Moi tu résideras, tu demeureras
param dhama : la demeure suprême
sâdhana : entrainement spirituel concret
yukta : relié, uni.


Quelques précautions nécessaires:

La forme pratique concrète de cette "méditation" dépend de chaque personne, de sa structure, de son développement, de sa volonté.
Ainsi, dans ce que j'ai présenté, certains ou tous à certains moments
- seront plus sensibles à cette union particulière à partir de So 'ham, ou de Ani-ani répétés de nombreuses fois;
- ou ce rythme d'union et de respiration pourra se maintenir dans des formules plus longues de prières sans perdre leur plénitude ni leur rythme. De même, il pourra se maintenir dans les activités de la journée.

Et cela est indiqué avec totalité et plénitude dans le verset de Dévarim Deutéronome 4,4:
"atem haddévaqim ba Hachém Eloqéikhem 'hayim koulekhem hayom" 
  " dont le sens est : "Et vous qui êtes adhésifs à Hachém, votre Dieu, vous êtes -en tout vous-mêmes- vivants aujourd'hui!".
Ce verset est dit le matin quand le Juif entoure son bras par les téfillines, adhésion jusqu'à l'être corporel concret. Et cela avant de dire le "Chémâ Israël" qui était au centre de notre recherche commune.

 

Je rends mon hommage respectueux à tous ceux qui, semblables au lotus, m'ont apporté la lumière de la connaissance dans le secret des profondes ténèbres.

 

 
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